Inch’allah

Vignoble du Château d'Émeringes vue du clos arrière

Vignoble du Château d’Émeringes vue du clos arrière

Les trois premiers mots que j’ai appris en arabe sont :  »Inch’allah »,   »A salem aléikoum » et  »Alekoum salem ». Ils m’ont ouvert bien des portes et évité des ennuis, sans aucun doute.

En 1992, je quittais Montréal pour me rendre en Europe pour la première fois.  Au début de ma vingtaine, j’avais la tête pleine de rêves et d’ambitions; ma curiosité et mon désir de découvrir le monde étaient géants. Ils me dépassaient de plusieurs têtes et je m’imaginais plus grande que moi-même. Ce premier voyage devait me conduire vers deux actions principales : aller faire les vendanges et aller faire un stage comme marionnettiste à Grenoble au théâtre des trois roses, rue Hector-Berlioz sur les bords de l’Isère, théâtre de marionnettes dirigé alors par André Peter.

Durant ce stage, j’étais supposée aller faire une tournée de spectacles dans les centres culturels français du Maroc et de l’Espagne. Un voyage de rêve pour une jeune femme en quête d’aventures et d’identité. Ce périple aura été une expérience initiatique en quelque sorte à ce que je suis devenue par la suite. Plusieurs histoires abracadabrantes me sont arrivées que je prendrais la peine de raconter en temps et lieu. Poursuivons avec celle-ci.

Mon arrivée à Grenoble avait été devancée de quelques semaines due aux modifications de voyage de la compagnie Air transat avec qui j’avais fait l’entente de voyage et de pré-organisation de placement pour les vendanges. Cette période mérite une histoire en soi que je vous raconterai plus tard, car toutes sortes d’anecdotes me sont arrivées aussi à ce moment-là. Je préfère pour l’instant m’attarder à ma vie sur le vignoble des grands crus du Château d’Émeringes, lieu où je suis finalement arrivée une semaine après être atterrit à Charles de Gaule et avoir pris le train vers Grenoble. Émeringes se trouve dans le département du Rhône. Alors que j’étais débarqué au centre de ce petit coin de pays pour y passer les prochaines trois ou quatre semaines, j’y ai rencontré d’autres vendangeurs, comme moi, venus d’un peu partout, Bretagne, Paris, Allemagne, Madagascar, Italie, Pologne, Tchécoslovaquie, Québec. Dès la gare de Mâcon, Pierre David, le propriétaire du vignoble, est venu cueillir une dizaine de vendangeurs et nous a conduit à son domaine du Château d’Émeringes. Il nous installait dans les dortoirs situés au deuxième étage de la salle de réfectoire, cette dernière serait le lieu des repas bien arrosés du soir et du midi, et du petit-déjeuné. Au fil des jours suivants, d’autres mains d’œuvre vont arriver, certains vont quitter.

Notre tâche de vendangeur allait consister quotidiennement à cueillir les raisins à l’aide d’un petit couteau de forme circulaire appelé serpette et d’avancer dans notre rang de vigne afin de remplir notre panier le plus rapidement possible. Un porteur venait ensuite ramasser notre panier pour le vider dans son panier d’osier plus grand qui lui, une fois plein, allait être vidé à son tour dans la grande cuve de métal. Le plus difficile, lors des premiers jours, a été de vivre avec les douleurs dorsales entraînées par les positions accroupies à maintenir tout en avançant dans les rangs. Il y avait aussi des contre-maîtres qui nous encourageaient à aller plus vite et nous  lançaient des défis. Personnellement, je sais que j’étais parmi les plus rapides et cela m’occasionnait certaines faveurs en variant mon ennuyeux travail de récolter des grappes. En effet, de temps à autre, les contre-maitres m’envoyaient dans la grande cuve de métal pour nettoyer et enlever les mauvais raisins. Ce travail nécessitait une certaine rapidité d’exécution, car les paniers pleins se déversaient à raison d’une dizaine de paniers la demi-heure.

C’est d’ailleurs lors de l’un de ces occasions que j’ai décidé de faire comme j’avais vu à la télévision. J’avais enlevé mes bottes et mes chaussettes, j’avais relevé le bas de mes pantalons et je piétinais les fruits rouges dans une allégresse digne de la scène de la belle blonde du film de Federico Fellini qui, ivre, se baigne dans la fontaine de Trevi. Mon délire dura le temps que l’un des contre-maîtres arrive et m’interdis cette manoeuvre car elle nuisait plutôt à la production du vin. J’ai passé le restant de l’avant-midi les pieds collés dans mes chaussettes à nettoyer les mauvais raisins des bons.

Pendant 17 jours, ni la pluie ni le soleil ardent ne m’empêchaient de marcher vers les vignes et d’en revenir fourbue, sale, maudissant le jour où j’avais décidé de venir travailler à la production de ce noble nectar.

À la pause, de l’avant-midi et celle de l’après-midi, nous avions droits à une collation : du chocolat noir, du vin dilué avec de l’eau et un peu de pain que l’on pouvait tremper dans notre boisson. À certaines occasions, c’était des victuailles de la veille, mais comme j’étais végétarienne à cette époque, je ne me souviens pas de ces mets, sans doute délicieux, de viande et de pâtés.

C’est lors de ces pauses que j’ai commencé à mieux connaître mes camarades de travail et nouer quelques nouvelles amitiés. Comme chacun avait son histoire, on voulait bien se la faire raconter et également se prêter au jeu de dire la sienne. C’est ainsi que j’ai appris mes premiers mots d’arabe.

Lors d’un échange avec le jeune Malgache, je lui racontais que je devais aller au Maroc faire cette tournée comme marionnettiste et lui demandais s’il avait des conseils à me donner. Sa première question a été de me demander avec qui j’allais là-bas, et ma réponse a été aussi rapide :  »je ne le sais pas encore, mais probablement avec le directeur de cette troupe de théâtre. » Il m’a dit,  »Inch’allah, j’espère que tout ira bien pour vous. »

C’était la première fois que j’entendais ce mot. Mon incompréhension pouvait se lire sur mon visage et cela lui a permis d’expliquer le sens de ce mot arabe.
–  »Inch’allah » ça signifie que Dieu est grand ou bien que ce qui doit être fait le soit selon la grâce de Dieu, m’expliqua mon camarade Malgache.
– Est-ce que vous êtes arabe vous aussi? lui avais-je demandé sans retenue. Son teint basané et sa tignasse noir de jais m’avaient fait croire ainsi et poser la question.
– Non, je viens de Madagascar, une île dans l’océan Indien.
– Pourquoi venir ici? Ce n’est pas difficile pour vous de voyager jusqu’ici?
– Je viens travailler et j’ai la nationalité française aussi, à cause de mes parents, car Madagascar avant l’indépendance était un territoire outre mer de la France.
– Ah bon, répondis-je sans trop d’enthousiasme. Indépendance, océan indien, territoire outre-mer, tout cela me laissait perplexe devant le peu de connaissances culturelles que je possédais. Et ce Inchallah, quand est-ce que je dois l’utiliser dans une conversation? m’empressais-je de lui demander à la recherche d’information pratico-pratique.
– Vous l’utiliser à la fin ou au début des phrases que vous dites, ça ouvre ou ça conclut vos discussions.

Le camarade malgache continua avec deux expressions essentielles que je pouvais utiliser lors des salutations locales pour respecter la culture. Je pouvais dire :  »A salem aléikoum » (bonsoir le salut est sur vous) lorsque je rencontrerais quelqu’un et je devais répondre  »alekoum salem » (bonsoir et sur vous le salut) lorsqu’on m’adressait des salutations.

Après quelques répétitions sous la supervision de mon compagnon de la prononciation de ces nouveaux sons dans ma gorge et la transcription dans mon carnet de voyage des mots aussitôt arrivée au réfectoire, je me sentais déjà mieux outillée pour aller traverser le Maroc en portant sur mon dos le castelet et les marionnettes du Théâtre des trois roses. Trois mots déclencheurs de connaissance qui m’ont ouvert sur la culture des autres.

J’ai traversé le Maroc de Tanger vers Tetouan, Oujda, Ouerzazate, Maraketch, Agadir, Essaouira, Safi, El Jadida, Casablanca, Rabat, Meknès, Fès et de retour à Tanger pour reprendre le traversier vers Alicante, Espagne. Le tout en camping 90 % du temps pendant trois semaines. Toute une aventure. Très souvent, je sortais de la tente le matin au son de cloches de chèvres en pâture et sous le regard, qui me semblait éberlué, d’un berger en djellaba brune et en sandales du pays.

En préparation du voyage vers le Maroc, moi et ma co-voyageuse somme arrêtées à Perpignan (France) question de faire des courses pour notre alimentation, nos effets sanitaires et autres détails de voyage. Lors de cet arrêt, j’étais en charge de faire les courses et j’étais à la recherche d’une grande surface pour y faire l’épicerie. J’ai rencontré sur mon chemin un vendeur de couteau aux cheveux blonds bouclés et aux yeux verts. Durant notre échange où il voulait me vendre un de ses fameux couteaux, je l’ai informé tout en refusant sa vente que je cherchais une épicerie et lui fit part de mon voyage au Maroc. Son sourire s’éclaira et il me glissa gentiment qu’il était lui-même d’origine marocaine et que sa famille y habitait encore. Je le saluai alors dans sa langue :  » Salem Aleikoum ». Il me répondit : Aleikoum Salem ». Sur ce, il me conduisit à l’épicerie, car c’était sur son chemin disait-il et cela lui faisait plaisir puisque je visitais son pays. Incha’allah, ce jeune homme a simplifié ma vie ce jour-là, mais aussi un peu plus tard durant mon séjour dans ce merveilleux pays. Cette rencontre vaut un billet en soit, alors je m’arrête pour l’instant ici.

Vous chers lecteurs, avez-vous déjà visité le Maroc? Ou d’autres pays du Maghreb?
J’attends vos commentaires qu’il me fait toujours plaisir de lire.

 

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Saving Mom

The visit

Have you ever saved someone’s life before? It hadn’t happened to me until last May.

I drove from Bytown to Murès. Hours within which i stopped at the Canadian kennel in Elfield to drop my two lovely dogs, stopped in Harrisburg at Tim’s to get a coffee and filed up the gas tank and finally hit the road directly on the Highway. Nine hours drive. One stop on the way to get some more gas. The weather was perfect and I enjoyed the wind entering my window. From time to time I was playing with it as my left hand outside was surfing on or resisting to the wind. No music, just the sound of me and the road. Nothing better to meditate, thinking of nothing, looking straight to the yellow line and making sure I am not over passing the speed limits. A smooth ride after all.

I arrived in Murès at 6 h pm and i went directly at my brother in law’s mother since I was to stay in the apartment upstairs that they rent for the family when they come for a visit. I wanted to be sure I had the key to get in. Thirty minutes later, after I put all my stuff inside and thanked my sister’s mother in law, I drove to my mom’s place and took in with me the food for the week. Mostly left over and fresh veggies and fruits bought earlier during the week for myself. I was a bit shaking after so many kilometres of road and speed. A week before, I had decided I was going to travel to see my mom since she could not move out of her place. To much changes of environment for her mean stress and distress . This is what Alzheimer does to human being. And again, I was supposed at first to cut the drive trip in two sleeping over at my sister’s house on the way, because it takes so long and not in my better years of my life. The day before I left Bytown, i called my sister to let her know that I was going to give it a try to drive to mother’s place in one shot, so no sleep over in Villemarie. So glad I did it.

Once in mom’s kitchen, i decided to prepare us a meal, some beluga lentils with rice and some veggies. Mother would help me by stirring the veggies on the skillet but would go back to her rocking chair saying that she was feeling dizzy. That happened  a couple of times. I did not make any comments on it, neither took any action about asking why she would feel dizzy, although this was unusual complains. Julienne, one of her daily guardian, left at 7 pm for her home. Meanwhile, she was telling us some stories of her own and singing some of her own compositions. That made us laugh. Good and funny Julienne. One day I will write one of her story here, it is worth the read.

So, after table was set and we were ready to eat, it was around 7 h 30 at night. Mother was looking more at the lentils and the rice then eating it, taking one bite from time to time, enough to let me think that she did not like the meal I had prepared for us. I told her she did not have to eat it if she did not like the food. She was saying that she liked it and kept trying to eat. Then she says that she felt dizzy. She was laying back to her chair, closed her eyes and suddenly started shaking her hands and upper body. I was in a state of choc. Many questions rushed into my head. What is happening? Heart attack? Epilepsy crisis? What do I do? Then came into my head the publicity of the gentleman having a stroke. I started calling her name :

«Mother? Mother? Can you hear me?»

Nothing was coming from her mouth but the little food she had been eating. It actually looked like she had eaten more food I had first though, then I realize she was also vomiting.

«Dear God, help me!»

What would you have done if you were in my shoes?

I knew i needed an ambulance for her but since i did not know if the 911 emergency number reached the region i was in, i decided to called the only number i had in mind by heart, the one of my sister Joe. I called her, told her to call an ambulance right away because Mother was not fine at all. Without spending more than 15 seconds on the phone to tell her that, i rush to mother and called her name again. No response. Now her false teeth were almost out of her mouth plus the vomiting and her face look as she was in much pain. I got afraid she would choke on all that and decided to give her the first aid care. Even though i have taken three time the First Aid courses in my whole life, i have never been in a situation where i needed to use it before now. I pulled her out of her chair by under her armpits and laying her down on the floor on her side with the proper position. I started to take was ever was left in her mouth to help her breath. some food was coming out but not the false teeth. As i was going to look further with my finger in her mouth, i heard her saying she was feeling better. She wanted to roll over on her back but i ask her gently to not move and that the ambulance were coming to take her to hospital.

«No, not the hospital, i am fine, i don’t need it she says softly» Her face looked greyish, her lips were pale but she still had her bright and scary metal blue eyes looking at me. I told her to not argue with me and that I was not in a position to care for her in this situation and hospital was a must since we did not know what had happened. Then I started saying « Well, if the ambulance is coming from Wolves River, you can die 100 times before the ambulance comes from there». A bad joke, I admit, but a reality, since i did not have any idea how emergency situation were being taking care of in this area.

***

 

Have you updated you First Aid skills lately? Hurry up if you did not and rush to it if you have no idea how to care for someone who is in a serious health distress situation. Follow the link above for Canadian residents and make it your goal for the month.

Do you know who to call in case of emergency? What about the area where you live in ? It is always better to find out before then in a situation like i was in. I was half prepared for that but i have a quick mind and reached for some help. How would you respond in such a situation?

Bazooka

Partie I

Ce soir, en promenant mes chiens le long de l’avenue Bathgate, juste devant le parc Summerhill, j’ai eu un souvenir olfactif ; une odeur d’enfance de sapins baumiers, de bois mouillé, de terre dans les souliers et de bubble gum Bazooka saveur cerise, saveur raisin – des parfums imprégnés dans mon ADN; ça m’a rappelé l’été de mes 10 ans.

De fil en aiguille, d’autres images sont apparues, nettes, fraiches, comme l’odeur du printemps des champs ensemencés et fertilisés au purin de porc, de l’été qui sent bon l’herbe fraichement coupée, le repos et la rivière de mon enfance que l’on appelait la rivière du Pont rouge. Pour arriver à cette rivière, il me fallait descendre la grande côte qui pointait vers le rang Sainte-Anne, berceau de mes premiers cris à la vie. Dès les vacances scolaires arrivées, je descendais cette côte pieds nus, seule ou accompagnée de quelque autre gamin et gamine du village. Je voulais nager comme les grands, je voulais être grande et voyager, me libérer de mon insouciance.Quelques semaines plus tard, les crevasses ne tardaient pas à blesser mes talons, brûlant ma peau douce de petite fille dont les pieds sont desséchés par la chaleur de l’asphalte. Ma mère me rappelait la nécessité de porter des sandales, mais je faisais la sourde oreille et continuait mes promenades et supportait mes petites souffrances.

D’autres souvenirs de parties de cache-cache, de jeu de chat et de souris, de chat-perché ou de de tide, variante traduite littéralement par chat congelé. D’une partie à l’autre, les règles se réinventaient au gré de notre imaginaire. Tantôt, il fallait se glisser par terre et ramper entre les jambes des joueurs figés pour les libérer de leur état de momification ou de statue, car ils avaient été touchés par le prédateur, personne dont la tâche consistait à figer tout le monde pour gagner la partie. Ou encore les personnes qui avaient été touchées devenaient à leur tour des prédateurs. C’était alors plus terrifiant, un peu comme si des Zombies voulaient nous attraper pour nous transformer comme eux! Encore, à plusieurs joueurs, on pouvait encercler le prédateur et l’exciter, le taquiner pour qu’il nous attrape, pendant que quelqu’un d’autre allait délivrer un joueur figer. Un contre tous devenait tous contre un. Ainsi de suite, jusqu’à ce que le prédateur se fâche parce qu’il ne gagnait jamais sauf s’il était plus vieux et plus rapide et qu’il jouait avec de plus jeunes enfants du village. Ce qui arrivait à certaines occasions. Dans la cour d’école primaire, derrière le bâtiment paroissial de l’Organisation des terrains de jeux (O.T.J.) du village des jeux regroupant tous les jeunes, enfants et jeunesses, pour festoyer autour d’activités ludiques pour tous.

J’aimais jouer aux indiens et au cow-boy, j’aimais prendre des gageures.

  • Combien tu gages que je peux me mettre toutes les gommes d’un paquet de bubble gum Bazooka au raisin dans ma bouche et faire une balloune?

Et hop, je déballe – une, deux, trois, quatre, cinq morceaux de gomme d’environ un pouce par un demi-pouce dans ma petite bouche de gamine. Je mâche, je mâche, je salive, j’avale la salive, je mâche et je mâche. Je rigole mi-figue mi-raisin, je vais gagner et recevoir les 50 sous gagés – je suis la meilleure et hop une balloune! Enorme, odorante, collante! Dany la crève avec son index et me remet les deux vingt-cinq cennes et nous recommençons notre jeu favori – la cachette dans la cours d’école de mon village. Dany est venu visiter ses grands-parents pour les vacances de la Saint-Jean en juin juste après la fin de l’année scolaire. Un jeune blond de 11 ans aux yeux vert-bouteille-de-seven-up qui m’a donné mon premier baiser alors qu’on jouait à la cachette barbecue. Après la bulle de gomme au raisin, on est partis se cacher et s’il me trouve il m’embrasse, et si je le trouve je me cache à nouveau! Quelle idée! J’avais la trouille de me laisser trouver, aussi je me dépêchais à le trouver en premier, jusqu’à ce qu’il me surprenne – mon odeur de gomme balloune au raisin m’avait devancée et il m’a trouvé avant que j’ai pu disparaître, il s’est faufiler avec moi dans ma cachette et m’a donné mon premier baiser à la saveur de gomme balloune au raisin 🙂

(Partie II à suivre)

The false promise

May 4th 2015

Art's way of relaxing

Art’s way of relaxing

Before

I had been hoping mother would be travelling with my elder sister when driving back from Murès to Villemarie. My sister Joe had sat mother for the last 7 days in order to give a rest to Julienne since she is the only one able to watch over mother. As i say i was hoping mother would come to Villemarie and i would have fetch her there during last week end. It seemed all perfect for a plan, except that Mom was terrified at the idea of leaving her cats and dog by themselves. Of course, we mentioned her that either Julienne or brother Hebert. could go feed them, but she was just uneasy with the idea, not to say rude. I have called my mom at least 3 times, since three weeks ago, while my brother Luis was there sitting her too, and then at least 4 times last week when it was Joe’s turn. Those last 4 times, we used Skype to communicate. On the phone, mother seemed fine, her tone was happy even though she would keep asking the same question over and over again. But on the visual screen, as she watch me, i keep wondering what she is thinking about, because she is not talking. She just watch me without saying nothing. When Joe is there, i talk with her, mom is beside and then she suddenly disappears out of the screen surface or frame. I asked sister Joe where mother went and her answer is pretty much always the same. She went after her dog or her cats. This is systematically the same affirmation mother does also.

– I have no more cats. All my cats are gone.

And we keep telling her that she has her three cats and that they are just hiding or sleeping somewhere. But she still goes in and out of the house, going upstairs, in the basement, in the garden, repeating the same gesture dozens of time per day.

When mother was brought to the Hospital for her mental evaluation 4 years ago, it became a period of high tension in the whole brother and sisterhood. My brother Hébert, who had been living with her most of his life, had decided to throw away lots of stuff in the house complaining about the fact that there was an epidemic of vermin and flees. So he threw every pieces of furniture of mom’s bedroom and living room, even carpets. And of course we believed him. Father mentioned to me later on that as brother Hébert was cleaning up things, he found out a dead baby cat mummified in a pile of clothes mother had just left there and was used as cats bed. When father was telling that story he seemed to be telling me that this did not made sense and that mother was going crazy with her cats, like how could she have left a dead stinky baby cat there? Well, at some points, there was more than 12 cats in the house and many of the females were pregnant in the summer of 2011. The smell of ammonia and cats excrement was floating in the air of the whole house. Especially upstairs. We discovered later on that the room i have been sleeping in when visiting had dried cat’s poo  hidden under the furniture, not to talk about all the piss that must have also been drying there for decades. No wonder why i became intolerant to this smell now.  I went there in July of that year 2011 in order to meet with Joe and do some cleaning of the house after the  »emptying »  Hébert had done. The girls would clean the whole mess up, of course. That is what women i there for, cleaning after men… But the plan changed because mom arrived in a taxi directly from my Uncle’s city where Luis and Joe had placed her in May 2011 to live with Uncle Clincey after mom was out of the hospital. This was like a choc for the two of us, me and Joe, since this was the last thing we were expecting. I can just imagine the state my mother was in. Crazy mom who paid her drive 250$ to free herself from a situation she was not comfortable with. Not bad a decision for someone with Alzheimer. Overall, that summer was a very difficult one. Hard to recall those painful memories. Many thing happened that i will write in some other Blog entries later on.

So, like i was saying, i had hope that mother was going to be able to travel up to Villamarie then to Bytown, but i was just giving myself some illusions. When talking on Skype with mother last week and asking her how she felt about the possibility of coming to Bytown, she did not really say no, but was worried about the animals. In fact, what i saw was a woman with not much reactions and not being able to focus on the screen. This was my last hope. Then Joe, in one of the last face-talked we had, said that mother was probably not going to travel because it would disrupt her routine and environment and she would possibly become worried and stressed. So instead, i am the one who will be travelling to sit her but for less days that was first planned. I will go next week for 4 days.

A false promise of freedom to mother who used to love to drive along the roads from one village to the other.

Tabous et voleurs d’enfance

– Chut! Silence! garde ça pour toi, essaie d’oublier, ça va passer!

– Mais pourquoi?

– Parce que. C’est comme ça. Ça arrive.

– Mais pourquoi?

– Ça sert à rien d’en parler, je t’ai dit.

– Mais moi ça me fait mal, j’en ai mal au ventre, ça me fout les boules!

– Ça fait rien, endure ton mal, ça va finit par passer.

Presque 44 ans plus tard, rien n’est passé et la boule continue de s’enrouler dans l’estomac. Seul le silence veille sur la douleur de ces moments qu’il a fallu taire en secret, enfouis dans le cerveau reptilien. Nous étions des gamins, des gamines et notre enfance a été volée par ces mains d’hommes à la recherche de la douceur immature, de l’interdit, des parfums défendus, ceux de l’innocence.Tout le village a gardé la tête dans le sable : les parents, les épouses, les tantes comme les oncles qui n’en étaient pas, les grands-mères. Mes sœurs, mes cousines, mes voisines, mes frères, mes cousins, mes voisins, ont-ils eux aussi  gardé le silence? Combien parmi nous se sont fait abuser, un attouchement par ici, une menace par là, des doigts dans la culotte, une langue, une mauvaise haleine trop près du nez, une chute qui nous mène face contre terre, maintenu au sol ou à la banquette de la voiture; viens voir ici, assis toi sur ma cuisse, mets ta main ici serre moi fort; ne le dit pas sinon je ne te ramène pas à la maison, je te garde ici avec moi pour toujours… chut, tais-toi, je ne ferai pas mal, laisse toi faire.

Les abuseurs sexuels d’enfants ne s’exécutent pas seulement dans des pays émergents comme la Thaïlande, l’Afrique du Sud  (vidéo) ou le Brésil (attention cette vidéo montre des images violentes). Les villages de pays soit disant développés dont le Canada, la France, les États-Unis ont des histoires sordides qui sont étouffées faute de savoir comment s’en sortir.

Quelles solutions envisager afin de mettre à jour ces esprits tordus?
Quels mécanismes peut-on mettre en place pour faciliter la dénonciation anonyme de ces actes immondes?
Informez-vous d’abord, c’est votre devoir, en consultant le site de la Sureté du Québec sur les agressions à caractère sexuel et le Départament de la protection de la jeunesse pour signaler les enfants en situation d’abus ou de tout autre situation que vous considérez inquiétante.

Si vous êtes devenus adultes et que vous avez été victime d’agression, d’abus ou de violence sexuelle durant votre petite enfance, enfance, puberté ou adolescence sans l’avoir signalé ou en ayant gardé un silence qui vous fait mal, contactez un Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) ou un Centre d’aide de lutte aux agressions à caractère sexuelle (CALACS) de votre région. Un centre CALACS existe également à Ottawa

N’hésitez pas à partager. Votre histoire est importante. Vous êtes importants et importantes. Rappelez-vous que ce qui vous est arrivé ne définit pas qui vous êtes et que l’espoir d’un  meilleur avenir existe. Donnez-vous la main et avancer vers votre avenir pour chercher de l’aide et sortir du silence.

J’ai également découvert un site en anglais, pour ceux qui parlent cette langue, très intéressant : To Write Love on her Arm.