La route vers soi

(exemple de slam pour étudiants cohortes 2017)
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Mode action : Étudier, travailler, manger, dormir, aimer, rouler en voiture dans le désert du Sahara, voyager au-delà des frontières de soi et découvrir l’autre.

Lieux, Études et travail – École primaire à Saint-Clément, écoles secondaires sainte-Marie à Saint-Jean- de-Dieu, Arc-en-ciel à Trois-Pistoles, école de rattrapage, Cégep : La Pocatière, Trois-Rivières, Universités du Québec à Montréal, à Trois-Rivières, à Rimouski, Université d’Ottawa, Éducation des adultes, Université Western à Trois-Pistoles, Lire la suite « La route vers soi »

Les aidants naturels

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Je suis née dans une famille dont la mère avait un don. Celui d’aidante naturelle. C’est un don familial, je crois. On dit de ma mère qu’elle était toujours prête à aider son prochain en autant que ce n’était pas un voisin revanchard. Mes grand-parents maternels, Antoine et Adrienne étaient aussi de cette trempe d’individus altruistes, généreux, vaillants, sages. Ils lui ont passé ce don de même qu’à certains des autres enfants.

Selon la définition de Santé-Médecine, l’aidant naturel apporte de l’assistance à un individu en perte d’autonomie ou qui a besoin de soins. Celui ou celle qui agit comme aidant naturel peut aussi être nommé aidant familial et peut-être de la famille ou non. Ces personnes sont d’une grande importance dans le suivi médical, et également au niveau psychologique pour la personne en perte d’autonomie qui réclame une grande attention.

Depuis l’été 2011, plusieurs personnes sont entrées dans la vie de ma mère comme aidants naturels.

Ma soeur B. a hébergé maman pour l’été 2011. Une période d’ajustement, de décès aussi de mon beau-frère quelques mois plus tard.

Puis trois des premières personnes qui sont venues à la rescousse pour agir comme compagnons « surveillants » et assurer une vigie sur ses allées et venues, sa sécurité, sa prise de médicaments et sa santé mentale sont désormais passées de l’autre côté du rideau de la vie.

Deux d’entre elles sont décédées du cancer des poumons, 2013 puis 2015; elles étaient fumeuses et dieu sait que ma mère a sûrement fumé autant de fumée secondaire pendant qu’elles ont pu boucané leur fumée primaire. Ces sympathiques femmes, Lizette et Céline, ont été généreuses de leur temps et de leur aide. Nous, les enfants, avions besoin d’elles pendant que nous vaquions à nos besoins de travailleurs en ville. Elles étaient toujours disponibles pour faire chanter maman, lui faire écouter de la musique, conter une blague ou lui faire un tour en voiture en allant visiter une cousine ou une sœur dans le village voisin. L’autre personne, Oncle V., est le frère de maman. Lui aussi est décédé : 2015. C’est chez lui que maman est allée à sa sortie de l’hôpital après l’évaluation médicale qui lui a donné le verdict de maladie dégénérative de l’Alzheimer. Oncle V. était un homme habile de ses mains et intelligent comme pas un, généreux et il avait toute sa tête pour raisonner, penser, créer. Touché depuis le début de l’âge adulte par l’Ataxie, il a vu tranquillement son corps, au fil des années, se transformer et lui désobéir jusqu’à n’en faire qu’à sa tête et à la non-coordination de ses membres. Il a fini ses jours en chaise roulante.

Que Dieu veille sur leurs âmes.

L’année 2016, c’est Juliette et Élisabeth qui ont pris la relève. Une année difficile pour ma pauvre maman qui a perdu du poids et dépéri. Elle ne mangeait pas a sa faim ni ne s’alimentait correctement. Elle devait compter sur les décisions des personnes qui assuraient la surveillance chez-elle pour s’alimenter. Mais ce temps est fini. Ma mère a survécu. Différents services d’aide au logis et des services du centre local de santé communautaire (CLSC) ont également été mis en place durant toutes ces années. Une autre de mes soeurs, l’ainée, a assuré la gestion de ce manège qui tournait presque rondement pendant quelques années. Elle aussi proche-aidante naturelle.

C’est maintenant mon frère ainé qui s’occupe d’elle. Il a tout laissé de la ville de Longueuil, amis, travail, amours, passe-temps, appartement, pour aller  s’installer au village natal avec elle. Il est un proche aidant. Lui aussi a reçu ce don d’aidant naturel. Il préfère dévouer sa vie à aider notre mère plutôt que de la reconduire dans un centre pour personne en perte d’autonomie et souffrant d’Alzheimer. « Tant qu’elle pourra vivre chez-elle, c’est mieux pour elle, c’est ce qu’elle veut. » Depuis juillet 2016, maman a gagné 14 kilos, elle va mieux et sort en voiture tous les jours. Elle est plus heureuse, c’est certain. Lui aussi aura besoin de vacances et de temps de répits. Je passerai quelques semaines encore cet été avec maman pour donner congé à mon frère. L’été dernier, quand je suis descendue durant trois semaines pour préparer le jardin avec elle et lui changer les idées en sortant en voiture, j’ai découvert qu’elle adorait manger des gâteaux que nous préparions. J’ai également découvert que chaque fois que je laissais ma voiture stationnée devant la porte, elle me disait  :

  • Est-ce-que c’est à toi la voiture dorée devant la maison?
  • Oui maman, c’est la mienne!
  • Est-ce qu’on va prendre une ride?

C’est devenue sa ritournelle préférée.

Deux semaines passées, je lui parlais au téléphone et lui demandais si elle se souvenait du nom de ses enfants. Je voulais lui faire pratiquer sa mémoire, celle qui restait.
– Bien sûr, qu’elle m’a dit en commençant à nommer les trois premiers correctement dans l’ordre de leur naissance. Puis elle s’est arrêtée.
– Et les autres? lui ai-je demandé.
– Trois, j’en ai juste trois, c’est assez, a t-elle ajouté sans plus.
– Et les trois derniers? On ne compte pas? lui avais-je alors demandé, étonnée.
C’est alors qu’elle s’est fâchée et a commencé a parlé sur un ton dur et à insister que trois c’était suffisant.
Je n’ai pas osé la contredire ni même continuer la conversation. Je sentais qu’elle usait ce ton dure signifiant son mécontent que je connais quand même bien, alors je lui ai demandé de remettre le récepteur du téléphone à mon frère ainé à qui j’ai raconté ce qui s’était passé. Probablement qu’elle aurait une boutade pour encore quelques minutes et je voulais qu’il comprenne la situation en la lui expliquant.

La communication entre membres de la famille est également un maillon important pour les suivis et les décisions. Cependant, si nous avons reçu le don d’aidant naturel, il n’en a pas été de même avec celui de la communication. Nous avons beaucoup de travail a faire sur cette compétence. Je me demande si c’est la même chose dans les familles en général.

Si jamais, cher lecteur, vous désirez témoigner sur ce sujet (la communication) ou sur celui d’aidant naturel, veuillez m’envoyer vos commentaires sur cette page, il me fera plaisir de vous lire et d’échanger avec vous.

Je remercie ceux et celles qui s’abonnent à mon blogue!

 

SLAM – Courant de vie

 

         Une des activités que je fais avec mes étudiants ces temps-ci afin de les amener à jouer avec la langue, avec les mots et à exprimer à l’oral leur personnalité de manière originale et créative, se nomme le slam. Bien connue par les David Goudreault, Mehdi Hamdad et Grand corps malade de ce monde qui l’ont popularisé, il a aussi été soutenu par Slam Outaouais qui en est un des principaux moteurs dans la région d’Ottawa-Gatineau. J’ai donc donné pour consignes à mes jeunes adultes d’écrire un texte sur eux sous forme de slam qui va les présenter et faire connaitre certains traits personnels. J’ai aussi décidé de slamer ma vie et d’en écrire un pour eux que je partage avec vous, amie.s, lecteurs et lectrices de blogues.

Courant de vie (de L. Proulx)

 Tic tac tic tac, mon temps avance
à contre-courant
Tic tac tic tac, je me cache moi
derrière ma vague immense
Tic tac tic tac, OMMMMM

Mon heure vacille, une question de temps
Je risque mon sang à regarder ce qui me reste?
Suinter goutte à goutte ma chienne de vie?
Souiller mon corps en vie de ville?

Tic tac tic tac OMMMMMM

J’ouvre mes yeux, va t’en
Tête en l’air Tic tac tic tac
Je pense aux règles, ma mère, dimanche
Farme ta yueule! SHUT UP!

Tac-tic- tac-tic-tac OMMMMMM

L’heure s’écroule, je ferme ma bouche
J’éteins ma vision, mon vacarme tac-tic
Je me mets, moi, sous la manche
Étroite du mur étanche

Tac tic tac tic tac – cul de sac
Casse la muraille du murmure
Tombe le torrent de la tempête
Mord la poussière du vide

Tac-tic- tac-tic-tac OMMMMMM

Je cours vers ma vie, je me contracte
Ma ville sème sous silence
Des flocons d’ignorance crasse
De sa bouche le néant de ma langue
perle et déferle ses mots oubliés

Tic-tic- tac-tic-tac

***

          Pour ceux et celles qui l’ignorent, dans mon quotidien professionnel, je suis enseignante de français dans un établissement post-secondaire technique et à l’occasion, j’enseigne le slam. Mes étudiants ont au moins 17 ans, mais peuvent tout aussi bien en avoir 50. Cet établissement se situe dans un contexte particulier, celui d’être un collège de langue française dans une capitale canadienne où la majorité des résidents sont anglophones. Certains sont sûrement bilingues (44,8 %), d’autres francophiles, mais une majorité s’illustre par son unilinguisme endurci : 45, 5 % de la population de la région d’Ottawa – Gatineau parle seulement l’anglais et 8,6 %  parle seulement le français (Statistique Canada, 2012).

Ottawa, ma ville d’adoption depuis une bonne douzaine d’années  demeure toujours une ville officiellement unilingue de langue anglaise et ce sous la gouverne municipale du maire M. Jim Watson dont c’est le 2e mandat. Pourtant, elle est la capitale nationale d’un pays bilingue, le Canada. J’ignore encore ce que cette ville veut véhiculer comme image de marque au plan linguistique – j’ignore si un jour elle réajustera sa balance pour traiter la langue française d’égale à égale avec la langue anglaise.

En attendant, je prêche dans un désert la valeur d’un français bien écrit et l’amour de sa langue maternelle et je m’inquiète. C’est vrai, je me fais du soucis pour cette langue mal aimée. Je dis désert, car mes classes se vident au profit de cours en ligne (Internet) et d’examens de reconnaissance des acquis trop faciles à réussir. Je fais de mon mieux pour motiver mes troupes, celles qui demeurent fidèles et osent encore être ponctuelles et assidues. Ces jeunes vaillants qui osent encore parler le français avec la volonté de le perfectionner.

À ceux-là, je lève mon chapeau et je dis MERCI.

slam ma vie
slam ma vie

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Inch’allah

Vignoble du Château d'Émeringes vue du clos arrière
Vignoble du Château d’Émeringes vue du clos arrière

Les trois premiers mots que j’ai appris en arabe sont :  »Inch’allah »,   »A salem aléikoum » et  »Alekoum salem ». Ils m’ont ouvert bien des portes et évité des ennuis, sans aucun doute.

En 1992, je quittais Montréal pour me rendre en Europe pour la première fois.  Au début de ma vingtaine, j’avais la tête pleine de rêves et d’ambitions; ma curiosité et mon désir de découvrir le monde étaient géants. Ils me dépassaient de plusieurs têtes et je m’imaginais plus grande que moi-même. Ce premier voyage devait me conduire vers deux actions principales : aller faire les vendanges et aller faire un stage comme marionnettiste à Grenoble au théâtre des trois roses, rue Hector-Berlioz sur les bords de l’Isère, théâtre de marionnettes dirigé alors par André Peter.

Durant ce stage, j’étais supposée aller faire une tournée de spectacles dans les centres culturels français du Maroc et de l’Espagne. Un voyage de rêve pour une jeune femme en quête d’aventures et d’identité. Ce périple aura été une expérience initiatique en quelque sorte à ce que je suis devenue par la suite. Plusieurs histoires abracadabrantes me sont arrivées que je prendrais la peine de raconter en temps et lieu. Poursuivons avec celle-ci.

Mon arrivée à Grenoble avait été devancée de quelques semaines due aux modifications de voyage de la compagnie Air transat avec qui j’avais fait l’entente de voyage et de pré-organisation de placement pour les vendanges. Cette période mérite une histoire en soi que je vous raconterai plus tard, car toutes sortes d’anecdotes me sont arrivées aussi à ce moment-là. Je préfère pour l’instant m’attarder à ma vie sur le vignoble des grands crus du Château d’Émeringes, lieu où je suis finalement arrivée une semaine après être atterrit à Charles de Gaule et avoir pris le train vers Grenoble. Émeringes se trouve dans le département du Rhône. Alors que j’étais débarqué au centre de ce petit coin de pays pour y passer les prochaines trois ou quatre semaines, j’y ai rencontré d’autres vendangeurs, comme moi, venus d’un peu partout, Bretagne, Paris, Allemagne, Madagascar, Italie, Pologne, Tchécoslovaquie, Québec. Dès la gare de Mâcon, Pierre David, le propriétaire du vignoble, est venu cueillir une dizaine de vendangeurs et nous a conduit à son domaine du Château d’Émeringes. Il nous installait dans les dortoirs situés au deuxième étage de la salle de réfectoire, cette dernière serait le lieu des repas bien arrosés du soir et du midi, et du petit-déjeuné. Au fil des jours suivants, d’autres mains d’œuvre vont arriver, certains vont quitter.

Notre tâche de vendangeur allait consister quotidiennement à cueillir les raisins à l’aide d’un petit couteau de forme circulaire appelé serpette et d’avancer dans notre rang de vigne afin de remplir notre panier le plus rapidement possible. Un porteur venait ensuite ramasser notre panier pour le vider dans son panier d’osier plus grand qui lui, une fois plein, allait être vidé à son tour dans la grande cuve de métal. Le plus difficile, lors des premiers jours, a été de vivre avec les douleurs dorsales entraînées par les positions accroupies à maintenir tout en avançant dans les rangs. Il y avait aussi des contre-maîtres qui nous encourageaient à aller plus vite et nous  lançaient des défis. Personnellement, je sais que j’étais parmi les plus rapides et cela m’occasionnait certaines faveurs en variant mon ennuyeux travail de récolter des grappes. En effet, de temps à autre, les contre-maitres m’envoyaient dans la grande cuve de métal pour nettoyer et enlever les mauvais raisins. Ce travail nécessitait une certaine rapidité d’exécution, car les paniers pleins se déversaient à raison d’une dizaine de paniers la demi-heure.

C’est d’ailleurs lors de l’un de ces occasions que j’ai décidé de faire comme j’avais vu à la télévision. J’avais enlevé mes bottes et mes chaussettes, j’avais relevé le bas de mes pantalons et je piétinais les fruits rouges dans une allégresse digne de la scène de la belle blonde du film de Federico Fellini qui, ivre, se baigne dans la fontaine de Trevi. Mon délire dura le temps que l’un des contre-maîtres arrive et m’interdis cette manoeuvre car elle nuisait plutôt à la production du vin. J’ai passé le restant de l’avant-midi les pieds collés dans mes chaussettes à nettoyer les mauvais raisins des bons.

Pendant 17 jours, ni la pluie ni le soleil ardent ne m’empêchaient de marcher vers les vignes et d’en revenir fourbue, sale, maudissant le jour où j’avais décidé de venir travailler à la production de ce noble nectar.

À la pause, de l’avant-midi et celle de l’après-midi, nous avions droits à une collation : du chocolat noir, du vin dilué avec de l’eau et un peu de pain que l’on pouvait tremper dans notre boisson. À certaines occasions, c’était des victuailles de la veille, mais comme j’étais végétarienne à cette époque, je ne me souviens pas de ces mets, sans doute délicieux, de viande et de pâtés.

C’est lors de ces pauses que j’ai commencé à mieux connaître mes camarades de travail et nouer quelques nouvelles amitiés. Comme chacun avait son histoire, on voulait bien se la faire raconter et également se prêter au jeu de dire la sienne. C’est ainsi que j’ai appris mes premiers mots d’arabe.

Lors d’un échange avec le jeune Malgache, je lui racontais que je devais aller au Maroc faire cette tournée comme marionnettiste et lui demandais s’il avait des conseils à me donner. Sa première question a été de me demander avec qui j’allais là-bas, et ma réponse a été aussi rapide :  »je ne le sais pas encore, mais probablement avec le directeur de cette troupe de théâtre. » Il m’a dit,  »Inch’allah, j’espère que tout ira bien pour vous. »

C’était la première fois que j’entendais ce mot. Mon incompréhension pouvait se lire sur mon visage et cela lui a permis d’expliquer le sens de ce mot arabe.
–  »Inch’allah » ça signifie que Dieu est grand ou bien que ce qui doit être fait le soit selon la grâce de Dieu, m’expliqua mon camarade Malgache.
– Est-ce que vous êtes arabe vous aussi? lui avais-je demandé sans retenue. Son teint basané et sa tignasse noir de jais m’avaient fait croire ainsi et poser la question.
– Non, je viens de Madagascar, une île dans l’océan Indien.
– Pourquoi venir ici? Ce n’est pas difficile pour vous de voyager jusqu’ici?
– Je viens travailler et j’ai la nationalité française aussi, à cause de mes parents, car Madagascar avant l’indépendance était un territoire outre mer de la France.
– Ah bon, répondis-je sans trop d’enthousiasme. Indépendance, océan indien, territoire outre-mer, tout cela me laissait perplexe devant le peu de connaissances culturelles que je possédais. Et ce Inchallah, quand est-ce que je dois l’utiliser dans une conversation? m’empressais-je de lui demander à la recherche d’information pratico-pratique.
– Vous l’utiliser à la fin ou au début des phrases que vous dites, ça ouvre ou ça conclut vos discussions.

Le camarade malgache continua avec deux expressions essentielles que je pouvais utiliser lors des salutations locales pour respecter la culture. Je pouvais dire :  »A salem aléikoum » (bonsoir le salut est sur vous) lorsque je rencontrerais quelqu’un et je devais répondre  »alekoum salem » (bonsoir et sur vous le salut) lorsqu’on m’adressait des salutations.

Après quelques répétitions sous la supervision de mon compagnon de la prononciation de ces nouveaux sons dans ma gorge et la transcription dans mon carnet de voyage des mots aussitôt arrivée au réfectoire, je me sentais déjà mieux outillée pour aller traverser le Maroc en portant sur mon dos le castelet et les marionnettes du Théâtre des trois roses. Trois mots déclencheurs de connaissance qui m’ont ouvert sur la culture des autres.

J’ai traversé le Maroc de Tanger vers Tetouan, Oujda, Ouerzazate, Maraketch, Agadir, Essaouira, Safi, El Jadida, Casablanca, Rabat, Meknès, Fès et de retour à Tanger pour reprendre le traversier vers Alicante, Espagne. Le tout en camping 90 % du temps pendant trois semaines. Toute une aventure. Très souvent, je sortais de la tente le matin au son de cloches de chèvres en pâture et sous le regard, qui me semblait éberlué, d’un berger en djellaba brune et en sandales du pays.

En préparation du voyage vers le Maroc, moi et ma co-voyageuse somme arrêtées à Perpignan (France) question de faire des courses pour notre alimentation, nos effets sanitaires et autres détails de voyage. Lors de cet arrêt, j’étais en charge de faire les courses et j’étais à la recherche d’une grande surface pour y faire l’épicerie. J’ai rencontré sur mon chemin un vendeur de couteau aux cheveux blonds bouclés et aux yeux verts. Durant notre échange où il voulait me vendre un de ses fameux couteaux, je l’ai informé tout en refusant sa vente que je cherchais une épicerie et lui fit part de mon voyage au Maroc. Son sourire s’éclaira et il me glissa gentiment qu’il était lui-même d’origine marocaine et que sa famille y habitait encore. Je le saluai alors dans sa langue :  » Salem Aleikoum ». Il me répondit : Aleikoum Salem ». Sur ce, il me conduisit à l’épicerie, car c’était sur son chemin disait-il et cela lui faisait plaisir puisque je visitais son pays. Incha’allah, ce jeune homme a simplifié ma vie ce jour-là, mais aussi un peu plus tard durant mon séjour dans ce merveilleux pays. Cette rencontre vaut un billet en soit, alors je m’arrête pour l’instant ici.

Vous chers lecteurs, avez-vous déjà visité le Maroc? Ou d’autres pays du Maghreb?
J’attends vos commentaires qu’il me fait toujours plaisir de lire.

 

Love shakes

Why is it that everytime love surrounds me I start shaking and it is not of pleasure? When i was young, i have associated love with receiving a slap on my face or a belt on my back and legs. I have heard my mother complaning enough of my dad’s brutality and from my two foot height, nothing good could come from the love of a man. But not much either would come from the loving hand of my mother since she was  pretty good too on beating on her children, or at least on me.The difference between me and other kids who suffer is that i had a roof over my head and was too scared to go on my own. Oh! I did try to leave the parents house when i was about 5 year old, but i soon realized i could not survive on my own just yet. So i have counted the days until i was able to fly on my own.

Beating a child is the last  thing on earth that should be happening. Adults, whom are the mature and reasonnable creatures of  »God » should be the ones to blame but many child abusers are let free unpunished, not feeling any guilt and pursuing their  life and abusive acts. The damage done on children, the victims, is a life threat. The facts on  child abuse and neglect are  that  »1 in 10 children suffer from child maltreatment. 1 in 16 children suffer from sexual abuse. Nearly 1 in 10 children are witnesses to family violence (SafeHorizon, 2015) ». Leaving children in poverty is no better. How many of them are sleeping in the streets of Manilla or living in a dump?

I believe that a society led by a Government who is not taking care of their youth and children is also as guilty as any adults who is beating up and abusing a child. This is neglecting care for those who need it. Seeing it and not acting to solve the situation is part of the problem. If you believe that solutions and concrete actions should come from your Government and the Society you are in, please forward this message to your friends and family. I also invite you to do an action today to help a child in need : you can become a Big brother or a big sister, you can adopt or foster a child, you can write petitions or blogs, make a video or photos to comment and collect information in you city about children who are neglected and sensitize your community with it using social media lile Twitter, Pinterest, Facebook, etc. The choice is yours and this short list is just an example of what is possible. Keep the ball rolling.

L’intelligence collective au service des réseaux sociaux

Par Lynnda Proulx
Récipiendaire du 2e prix d’essai littéraire
Concours Jean-Robert Gauthier
Défi 2011-2012

C’est en interagissant que l’on se construit
une culture commune, une identité,
une langue commune.

Dalley, 2008

 

Plus les membres des différentes communautés francophones[1] interagissent entre eux, plus ils se connaissent et mieux ils se comprennent! Si c’est le but que veulent atteindre les gouvernements et les différentes composantes de la société civile, alors les outils des médias sociaux sont essentiels pour arriver à créer ces réseaux sociaux!

Contrairement à ceux qui croient que l’Internet et les réseaux sociaux déshumanisent les liens sociaux et creusent un gouffre entre les branchés et les non branchés[2], je suis partisane du discours optimiste de son utilisation. Ce discours suppose que les communautés virtuelles, les utilisateurs internautes et les friands de technologie intelligente participent, à différents niveaux et à travers différentes couches sociales, à la confection d’un tissu collectif et font preuve de créativité sociale qui encourage l’interaction et la mobilisation. Ainsi, parce que les médias sociaux utilisent l’intelligence collective dans un esprit de collaboration en ligne et que l’accès à des applications ou des interfaces telles que Wikipédia, Twitter, Facebook, YouTube est peu couteux et relativement flexible, il serait possible de créer une francophonie canadienne qui ne craint pas ses différences culturelles et ses variations linguistiques. Il serait possible de créer une unité francophone canadienne qui se sente forte dans son identité et valorise sa parlure colorée d’où qu’elle provienne! Sur la toile, plus de frontières! La proximité physique n’est plus une condition sine qua non pour entrer en communication avec l’Autre. Au lieu d’isoler la personne, l’Internet, avec ses réseaux sociaux, multiplie les rencontres et les communications entre les individus sans enlever les rencontres quotidiennes face à face ou les contacts par téléphone. N’est-ce pas d’ailleurs pour cela que de vrais mouvements sociaux se sont mis en branle? La mobilisation des peuples arabes en est un exemple. Les gouvernements des pays où les sociétés civiles se sont révoltées ont même bloqué l’accès à certains sites comme Facebook, mais les populations civiles, à l’aide des hackers, ont trouvé d’autres moyens technologiques de les contourner et ont continué à montrer au monde entier ce qui se passait dans leur pays parce qu’ils ont filmé, pris des photos et publié leur production sur YouTube ou Facebook. Le secret de cette réussite passe par la capacité collective à mobiliser chaque individu.

En ce moment, au Canada, la vie francophone donne plutôt l’impression d’être morcelée. Tantôt une ville bilingue qui cache le français dans ses fonds de tiroir et qu’on va sortir seulement s’il reste de l’argent pour l’afficher[3], tantôt des mobilisations de dialogues entre organismes pour s’ouvrir à l’arrivée d’immigrants qui viennent bouleverser l’identité et les valeurs d’une francophonie sur ses gardes pour cause d’insécurité[4]. Les médias sociaux se présentent comme une belle solution pour agir comme ciment social et réunir les fragments épars de la francophonie canadienne. Ils permettent à tous de s’exprimer et de sentir qu’ils font partie de cette collectivité.

Sur les sites Internet des différentes composantes de la société civile et des gouvernements du Canada, pourquoi ne pas encourager les utilisateurs francophones et francophiles à produire et publier des vidéos, des photos pour donner une image à cette francophonie qui vient de tous les horizons! Il importe d’encourager la production de textes et la mise en commun d’idées vers la création d’une toile collective, mais également de promouvoir la libre expression. Par exemple, il pourrait y avoir sur tous les sites des gouvernements et des députés des différents partis au pouvoir un hyperlien qui permettrait aux citoyens de déposer des commentaires, car visiter un lien est une chose, laisser une empreinte qu’on y est passé en est une autre! De plus, cette manière de communiquer donnerait accès directement à la pensée citoyenne de toutes les couches sociales sans avoir à passer par différents intermédiaires. La multiplication de blogueurs hébergés sur les sites des organismes et institutions francophones est un autre exemple qui permettrait de varier les points de vue et dynamiser les échanges sur les forums de discussions. Les balados, les flux RSS à suivre, seraient également des espaces virtuels qui permettraient de faire connaître la francophonie à l’heure du jour et d’en diversifier les produits. Même si cela existe peut-être déjà, les blogues, les forums de discussion, les MySpace ne sont pas suffisamment promus et connus! D’ailleurs, un rapide coup d’œil sur le site de Wikipédia[5] me fait découvrir que bien que le terme « canadien-français » existe, il n’existe encore aucune entrée pour celui de « francophonie canadienne ». Peut-être que l’on pourrait commencer par là puisque l’encyclopédie Wikipédia est un des sites les plus fréquentés par les internautes?

Voilà pour les réseaux sociaux mis au service des communautés francophones et des gouvernements du pays… maintenant, le comment utiliser les réseaux sociaux dépend beaucoup du but derrière la volonté de les créer ou d’y participer. Il faut comprendre que leur utilisation n’est pas qu’une entrée dans le monde virtuel des internautes : réagir, clavarder, consulter un site, chercher des informations, visionner une vidéo sur YouTube, Skyper, Twitter, Facebooker, Orkuter, demande du temps réel pour organiser les informations afin de les mettre en ligne et de les rendre accessibles sur les réseaux sociaux! Et cela demande un peu, beaucoup, énormément de temps! Du temps réel où quelqu’un est assis devant son écran de portable ou de téléphone intelligent pour créer tout cela! Et que dire du temps réel nécessaire pour répondre aux personnes qui veulent intervenir, interagir, faire des commentaires et vouloir recevoir des réponses? Car qui dit émettre un message sous-entend aussi y répondre — puisque sans l’un ou l’autre, il n’y a pas de communication, pas de message reçu ou transmis. Qui sera responsable de gérer, de coordonner tout cela? Pour répondre à cette question, la meilleure réplique que je peux donner est la suivante : il faut penser à l’embauche de responsables de communautés, d’éditeurs de médias sociaux ou de journalistes-développeurs pour gérer la production de tout ce réseautage social virtuel. Les réseaux sociaux ont plus d’avenir avec eux à la barre! Ils sont formés, ont de l’expérience et permettront d’économiser non seulement du temps mais de l’argent!

Liste de références

Citoyenneté et immigration Canada – Comité directeur. (2006). Plan stratégique pour favoriser l’immigration au sein des communautés francophones en situation minoritaire. Citoyenneté et immigration Canada.

Dalley, P. (2008). Principes sociolinguistiques pour l’encadrement pédagogique, 281-300. Dans Phyllis Dalley et Sylvie Roy (dir). Francophonie, minorités et pédagogie. Ottawa, ON : Presses de l’Université d’Ottawa.

Faculté d’Éducation de l’Université d’Ottawa. (2009). École et Faculté, Dialogue. Université d’Ottawa.

Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA). (1999).Dialogue. (page consultée le 10 janvier 2012), http://www.fcfa.ca/fr/Bibliotheque
De_La_Fcfa_Sections_33/Immigration_Et_Diversite_Culturelle_88

Fraser, G. (2011). Ottawa, ville bilingue? (page consultée le 27 janvier 2012), http://www.ocol-clo.gc.ca/html/speech_discours_03112011_f.php

Laflamme S.et S. Lafortune. (2006). Utilisation d’Internet et relations sociales. Biblid 0382-73, p. 97-128.

Wikipédia, l’encyclopédie libre. (2012). Page d’accueil. (page consultée le 29 janvier 2012), http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal

___________________
Notes

[1] La définition de « communautés francophones » est prise dans le sens de celle donnée par les auteurs du Plan stratégique pour favoriser l’immigration au sein des communautés francophones en situation minoritaire, représenté par le Comité directeur de Citoyenneté et immigration Canada, 2006, p. 2. Elle englobe ainsi toutes les forces vives de la société civile qui contribuent à l’enracinement et à l’épanouissement de la francophonie en situation minoritaire.

[2] Simon Laflamme et Sylvie Lafortune. (2006). Utilisation d’Internet et relations sociales. Biblid 0382-73, p. 97-128.

[3]Graham Fraser. (2011). Ottawa, ville bilingue? (Page consultée le 27 janvier 2012), http://www.ocol-clo.gc.ca/html/speech_discours_03112011_f.php

[4] Faculté d’Éducation de l’Université d’Ottawa. (2009). École et Faculté, Dialogue. Université d’Ottawa. Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA). (1999).Dialogue. (page consultée le 10 janvier 2012), http://www.fcfa.ca/fr/Bibliotheque_De_La_Fcfa_Sections_33/Immigration_Et_Diversite_Culturelle_88

[5] Wikipédia, l’encyclopédie libre. (2012). Page d’accueil. (page consultée le 29 janvier 2012), http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal

DE L’HÉRIGAGE CULTUREL

 

’16. (1) Le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada;
ils ont un statut et des droits et privilèges égaux quant à leur usage
dans les institutions du Parlement et du gouvernement du Canada.
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Gouvernement du Canada – Charte canadienne des droits et libertés, 1982.

La langue française au Canada est synonyme de persévérance quotidienne. Tandis que les uns déploient des efforts constants pour l’apprendre ou pour ne pas la perdre, pour d’autres, elle représente l’obtention d’un meilleur emploi, le défi d’exprimer son identité. Je discute dans ce texte à propos de la langue et de la culture francophone que nous léguons aux générations suivantes et comment les services en français ne sont pas liés aux droits ou aux privilèges ni au contexte économique, mais plutôt le résultat d’un héritage culturel.

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