Journal de grève : jour 21

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J’en avais déjà vu et entendu pas mal au cours de mes 17 ans de travail avec les Collèges d’arts et de technologie appliquées (CATA), mais là, c’est la goutte de trop.

Le système des collèges de l’Ontario insiste à nous maintenir en grève en étirant les jours de votes et les jours de non négociation avec la partie syndicale qui représente les professeurs (SEFPO). Dans une société basée sur la démocratie et l’égalité des personnes, il me semble que la moindre des choses serait de respecter les demandes des enseignants exprimées par les représentants syndicaux et d’en discuter avec maturité à la table de négociation.

Mais non, c’était trop demandé. Le Conseil des employeurs des collèges (CEC) préfère refuser la dignité humaine au personnel scolaire en lui envoyant  à la figure que leurs demandes sont trop exigeantes (surtout pour la liberté académique) et pour montrer que ceux qui ont le pouvoir décisionnel ici c’est eux, on sort de la table de négociation et on impose un vote. Un vote sur une offre revue mais non respectueuse des demandes du personnel scolaire, pire, une offre qui ne contient même pas toutes les négociations réalisées entre le 2 et le 6 novembre, après que le CEC ait finalement accepté de retourner à la table de négociation. Lire la suite de « Journal de grève : jour 21 »

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Plus de maturité à la table de négociation svp

Jeudi 1er novembre 2017, le Conseil des employeurs des collèges (CEC) a enfin demandé de retourner à la table de négociation avec les représentants syndicaux. Il est cependant malheureux d’entendre de la part des collèges que la partie syndicale refusait de retourner à la table de négociation alors qu’il s’agissait du contraire. Pour expliquer l’ordre des demandes de négociation, il s’agit de regarder sur la page du CEC et de prendre compte des dates indiquées sur les dépôts de proposition d’entente – (troisième colonne à droite ci-dessous)

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                                           Date de l’offre du personnel scolaire = 14 octobre                                              Date de l’offre du l’employeur = 10 octobre

 

Il est important de comprendre que lorsque l’offre des représentants syndicaux a été déposée le 14 octobre, aucune réponse de la part de la partie patronale n’a été présentée, leur dernière offre porte la date du 10 octobre. Lire la suite de « Plus de maturité à la table de négociation svp »

O dia que minha mae se fui

 

vieille_ferme_ccdmdAté seite anhos,   crescei numa fazenda aonde poco  a poco os animais iaô diminuendo. O meu pãe não gustava desse tipo de trabalho. O seu pãe, meu avelo, lhe deu a fazenda porque a perdeu num jogo de cartas por desafio e por não perder tudo, troco o nome do proprietário por o dele. Assim, meu pãe fico o dono de tudo menos do próprio destino dele. E se fueiram os cabras, o bode, os carneiros, as vacas, as galinhas e perus, os cavalos e também os cachorros, os gatos e a minha família inteira.  Depois da morte do avela, meu pãe vendeu os campinos a um dono duma fazenda vizinha.

A esta fazenda fui construída com os manos do meu avelo, Joseph, alias Joe; um homem de negocio de animais que viajava muito de trem per todo a província do Quebec. Ele fui alguém importante no vila porque ele dava trabalho para muita gente e esperança de desenvolver a nossa região. Até que as vacas e os carneiros estavam lá, o meu pãe continuo a dar trabalho para os jovem em idade de ajudar na fazenda. Ele, no lugar de trabalhar na fazenda, fui embora por um tempo trabalhar commo linhador nos Esatados Unidos. Estas anhos foram o começo de vida de casamento da minha mãe com o meu pãe. Um pãe fora da casa.

A minha mãe era um verdadeira mulher de fazenda, quero dizer que ela não tenha medo de limpar a merda das vacas e de lhes ajudar a dar nascimento aos bezerros e aos cordeiros. O pãe da minha mãe, o pãe Toninho, era um marechal ferrando, a versão antiga do veterinário moderno por cima de ferrar os cavalos. De facto, ele sabia fazer de tudo, de construção de madeira até de construir tudo que era de ferro.

Naquele tempo da fazenda, porque meu pãe não tava là, a gente precisava de ajuda por cuidar de tudo. Ele não gustava, então não ficava. Muitas vezes quem ajudava eram alguns primos da minha mãe e pra eles era também um jeito de entrar no mondo do trabalho, assim era a primeira experiencia de trabalho que eles poderiam esperar em troque dum poco de dinheiro. Varias deles eram primos, tios, de longe o de perto.

80032233Me lembro um tempo da minha infância quando a minha mãe começo a trabalhar fora de casa, deixando os seus ninhos sozinhos para cuidar deles mesmo. Os maiores cuidando dos jovens. Naquela época, ante que os animais se fueiram, eu tinha a pena três o quatro anhos, falava já e adorava brincar com animais domésticos mas também com aqueles do quintal. Gustava de tudo que me permitiva de descobrir o mundo mesmo que fui perigoso.

Infelizmente para mim, o dia que minha mãe começo a trabalhar fora de casa, era um dia aonde tenha ainda vacas paras cuidar na fazenda. Como sempre, o pãe ‘tava fora de casa, trabalhando o bebendo.

O primo da minha mãe, ficou em casa. Lervis.

Ele me convido a ir nadar na água com ele no rio em baixo da costa no final do campinho. Ele era sempre tanto gentil comigo. Não podia saber o que ele ia fazer comigo, com minhas partidas intimas. Eu tan jovem, menina sim preconceito, não sabia nada do mundo adulto e fazia de tudo para agradecer e ser amada.

O dia que minha mãe saiu de casa para trabalhar ficou pra mim o começo dos abusos.

Le piquet de grève

img_3768.jpg©Lynnda Proulx : Collègues en piquetage sur Aviation à Ottawa, Collège La Cité, 19 octobre 2017
Qu’on en commun La Cité Collégiale, les Collèges Boréal, Sheridan, Seneca, Ct-Clair, George Brown, Fanshaw, Mohawk, Centennial, Canadore, Conestoga, Cambrian, Durham, Fleming, Goergian, Lambtonb, Humber, Conferedation, Loyalist, Niagara, Michener, Northen, Sault, Ridgetom et St-Lawrence?

Outre le fait que ces 24 collèges soient tous localisés en Ontario et sur les piquets de grève depuis le 16 octobre dernier, ils représentent  Lire la suite de « Le piquet de grève »

Quelques chiffres et faits saillants sur l’immigration au Canada et les communautés autochtones en Ontario francophone

La Cité collégiale se penche cette année sur la formation en compétences interculturelles de son personnel. (Publication originale de ce billet dans Innovacite.com)

Quelques chiffres importants à garder en tête et qui expliquent les raisons derrière la mise en place de cette formation :

  • Les enquêtes nationales auprès des ménages de 2006 et de 2011 indiquent qu’une personne sur cinq est né à l’étranger.
  • En Ontario, le Livre blanc sur l’immigration francophone en Ontario, sortie en mai 2017, propose des solutions pour atteindre l’accueil du nombre projeté d’immigrants (1) afin de vitaliser la communauté francophone et le développement économique de la province. Actuellement, malgré la création en 2012 de la Stratégie ontarienne en matière d’immigration et sa révision en 2016, la cible visée de 5%  en immigration francophone n’est pas atteinte et le taux actuel se situe en-dessous de 2%.
  • Selon le Ministère des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario, le nombre d’immigrants francophones de 1ère génération arrivé en Ontario de 2010 à 2016 présente une baisse puis une légère remontée en 2016     2010-a-2016-nbre-francophones-immmigrants-en-ontario
  • De 2004 à 2014, La Cité a tenu un sondage sur la diversité ethnique des étudiants.
  • Selon le nombre de répondants à ce sondage, on peut constater une augmentation dans le nombre de présence d’étudiants issus de l’immigration. Le tableau 2 ci-dessous en présente les données obtenues de 2004 à 2014.
    ©Proulx,L., 2017                                                                                                                   ©Proulx,L., 2017
  • La réussite scolaire : selon des données obtenues de La Cité (2004-2015), les étudiants issus de l’immigration, tant la première que la deuxième génération, tendent à moins bien réussir que la moyenne des étudiants en général. Le tableau ci-dessous indique les moyennes pondérées par semestre de ces trois groupes.

    reussite-scolaire   ©Proulx,L., 2017
  • Les apprenants autochtones (2) de l’Ontario tendent à poursuivre les études postsecondaires au collégial davantage qu’à l’université. Par exemple, le recensement de 2006, indique que 36 % des Autochtones de l’Ontario âgés de 25 à 64 ans ont obtenu un diplôme collégial ou un certificat professionnel alors que  9 % détenaient un baccalauréat.
  • Les défis de la population autochtone au postsecondaire peuvent se résumer en cinq points (voir annexe B, p. 43-44) :
    • l’âge l’obtention du diplôme secondaire se fait souvent après 24 ans puisqu’ils ont décroché durant l’adolescence; les responsabilités communautaires et familiales limitent la poursuite des études au postsecondaire;
    • qui dit communautés nordiques dit aussi réalité plus difficile pour accéder aux nouvelles technologies, à l’éducation et à des programmes particuliers, sans oublier le coût de la vie plus élevé pour les besoins de bases (électricité, alimentation, déplacements, etc.);
    • les Autochtones ne sont pas tous admissibles au financement pourvu par le Gouvernement pour couvrir les frais d’études et de subsistance;
    • les méthodes pédagogiques et l’évaluation des connaissances acquises incompatibles au mode d’apprentissage et de vie de cette population;
    • la diversité des groupes autochtones présente des défis propres à chacun de ses sous-groupes : Métis, Inuit, femme autochtone, population urbaine ou non urbaine.
  • Bref, plusieurs défis pour les enseignants qui viennent s’ajouter à leurs tâches de formateur.N’hésitez pas à poser vos questions et à nous faire part de vos stratégies pédagogiques qui se sont révélées gagnantes auprès de ces populations.

    (1) Selon  Statistique Canada (2015) le terme immigrant désigne une personne qui est ou qui a déjà été un immigrant reçu/résident permanent. Il s’agit d’une personne à qui les autorités de l’immigration ont accordé le droit de résider au Canada en permanence. Définition récupérée de http://www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/dp-pd/prof/details/page.cfm?Lang=F&Geo1=PR&Code1=35&Data=Count&SearchText=35&SearchType=Begins&SearchPR=01&A1=All&B1=All&Custom=&TABID=3

    (2) Selon Statistique Canada (2012) l’identité autochtone comprend les personnes vivant hors réserves ayant déclaré être Autochtone, c’est-à-dire Première Nation (Indien de l’Amérique du Nord), Métis ou Inuk (Inuit), ainsi que les personnes ayant déclaré être Indien inscrit ou des traités en vertu de la Loi sur les Indiens du Canada, et/ou les personnes ayant indiqué être membre d’une Première Nation ou d’une bande indienne. La somme des catégories dans cette variable est supérieure à l’estimation de la population totale pour l’identité autochtone, car une personne peut s’être identifiée à plus d’une identité autochtone. Par exemple, une personne peut déclarer être Première Nation et Métis. Définition récupérée de http://www5.statcan.gc.ca/cansim/a26?lang=fra&retrLang=fra&id=5780003&&pattern=&stByVal=1&p1=1&p2=31&tabMode=dataTable&csid=

Une rentrée spéciale

IMG_5844En ce jour du 5 septembre 2017, c’est l’envolée 2017-2018. La rentrée officielle au travail avec les étudiants et les classes et les plans de cours et la folle effervescence des premières rencontres.

Depuis 17 ans, je travaille dans un collège communautaire francophone en Ontario. Une communauté francophone en contexte minoritaire qui lutte pour garder la langue, augmenter le nombre de parlants français à long terme. Je fais partie de plusieurs centaines de membres du personnel scolaire des collèges d’arts et de technologies appliqués qui stressent particulièrement quand vient le temps de lancer la nouvelle année scolaire. Or cette année, tout le personnel scolaire est en mode renégociation de la convention collective. Un stress supplémentaire, finalement.

Ce qui donne un air spécial à cette rentrée, c’est la possibilité d’une grève des professeurs. Un vote aura lieu ce mois-ci pour vérifier l’intérêt de l’offre patronale versus celle de la grève pour des revendications des employés qui n’ont pas été retenues dans l’offre patronale. Je me questionne sur l’intérêt d’offrir davantage d’argent en comparaison à celui de ne pas être libre de décider de la technologie que je peux et veux utiliser, de la liberté académique, de travailler avec davantage de personnel scolaire engagé comme contratuel à statut précaire. Bien sûr, il existe d’autres propositions dans les négociations en cours, mais rien que je puisse divulguer ici. Bref, le stress d’une rentrée avec la menace d’une épée de Damoclès au-dessus de la tête annonce une session difficile. J’ai appris, quelques jours après le retour au travail en août, qu’une collègue permanente avait été mise à pied parce que son programme avait été fermé au cours de l’été. Outre certains conflits avec les étudiants pour les travaux mal complétés et les trop nombreuses absences et le matériel pédagogique non acheté même après 3 semaines après le début des cours, il faut faire face au  »chantage » d’un employeur qui vise à donner moins de liberté et plus d’argent, à couper des postes plutôt que d’augmenter la dotation pour des professeurs à temps plein. Il me semble qu’un jugement sain vise l’augmentation d’un meilleur encadrement pour les étudiants afin d’assurer la réussite scolaire à un plus grand nombre, non? Je suis dans le champs? Dans le rêve? Je crois malheureusement, qu’une majorité d’enseignants permanents votera simplement pour l’augmentation proposée selon l’offre actuelle de l’employeur. Peut-être pour s’assurer d’un emploi pour les prochains quatre ans, un sursis pour retarder la catastrophe dans un autre quatre ans.

Je me questionne aussi sur les raisons qui conduisent un employeur à ne pas respecter les besoins de ses employés, notamment en enseignement postsecondaire, puisque les étudiants qui fréquentent ces campus sont les premiers à subir les impacts de ces décisions.

Avez-vous déjà participé à une grève? Quels sont vos meilleurs stratégies pour passer à travers cette menace?

 

 

Nouveau look

A photo by Patrick Tomasso. unsplash.com/photos/Oaqk7qqNh_cBonjour à tous et à toutes,

J’effectue un retour à l’écriture après une longue pause d’une année où j’ai enfin complété le doctorat et pris quelques mois de vacances pour laisser reposer mes neurones qui ont bien travaillé ces dernières années.

Pour cette occasion, j’habille mon blogue Argolla d’un nouveau look pour l’automne 2017. L’accès aux onglets est plus facile et rapide; la circulation sur l’ensemble du blogue me semble ainsi plus conviviale. Vous saurez m’en dire des nouvelles!

N’hésitez surtout pas à m’écrire, commenter mes billets et à les recommander à vos amiEs.

 

À très bientôt et bonne rentrée scolaire à tout le monde, grands et petits!

Lynnda 🙂

 

 

La route vers soi

(exemple de slam pour étudiants cohortes 2017)
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Mode action : Étudier, travailler, manger, dormir, aimer, rouler en voiture dans le désert du Sahara, voyager au-delà des frontières de soi et découvrir l’autre.

Lieux, Études et travail – École primaire à Saint-Clément, écoles secondaires sainte-Marie à Saint-Jean- de-Dieu, Arc-en-ciel à Trois-Pistoles, école de rattrapage, Cégep : La Pocatière, Trois-Rivières, Universités du Québec à Montréal, à Trois-Rivières, à Rimouski, Université d’Ottawa, Éducation des adultes, Université Western à Trois-Pistoles, Lire la suite de « La route vers soi »

Les aidants naturels

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Je suis née dans une famille dont la mère avait un don. Celui d’aidante naturelle. C’est un don familial, je crois. On dit de ma mère qu’elle était toujours prête à aider son prochain en autant que ce n’était pas un voisin revanchard. Mes grand-parents maternels, Antoine et Adrienne étaient aussi de cette trempe d’individus altruistes, généreux, vaillants, sages. Ils lui ont passé ce don de même qu’à certains des autres enfants.

Selon la définition de Santé-Médecine, l’aidant naturel apporte de l’assistance à un individu en perte d’autonomie ou qui a besoin de soins. Celui ou celle qui agit comme aidant naturel peut aussi être nommé aidant familial et peut-être de la famille ou non. Ces personnes sont d’une grande importance dans le suivi médical, et également au niveau psychologique pour la personne en perte d’autonomie qui réclame une grande attention.

Depuis l’été 2011, plusieurs personnes sont entrées dans la vie de ma mère comme aidants naturels.

Ma soeur B. a hébergé maman pour l’été 2011. Une période d’ajustement, de décès aussi de mon beau-frère quelques mois plus tard.

Puis trois des premières personnes qui sont venues à la rescousse pour agir comme compagnons « surveillants » et assurer une vigie sur ses allées et venues, sa sécurité, sa prise de médicaments et sa santé mentale sont désormais passées de l’autre côté du rideau de la vie.

Deux d’entre elles sont décédées du cancer des poumons, 2013 puis 2015; elles étaient fumeuses et dieu sait que ma mère a sûrement fumé autant de fumée secondaire pendant qu’elles ont pu boucané leur fumée primaire. Ces sympathiques femmes, Lizette et Céline, ont été généreuses de leur temps et de leur aide. Nous, les enfants, avions besoin d’elles pendant que nous vaquions à nos besoins de travailleurs en ville. Elles étaient toujours disponibles pour faire chanter maman, lui faire écouter de la musique, conter une blague ou lui faire un tour en voiture en allant visiter une cousine ou une sœur dans le village voisin. L’autre personne, Oncle V., est le frère de maman. Lui aussi est décédé : 2015. C’est chez lui que maman est allée à sa sortie de l’hôpital après l’évaluation médicale qui lui a donné le verdict de maladie dégénérative de l’Alzheimer. Oncle V. était un homme habile de ses mains et intelligent comme pas un, généreux et il avait toute sa tête pour raisonner, penser, créer. Touché depuis le début de l’âge adulte par l’Ataxie, il a vu tranquillement son corps, au fil des années, se transformer et lui désobéir jusqu’à n’en faire qu’à sa tête et à la non-coordination de ses membres. Il a fini ses jours en chaise roulante.

Que Dieu veille sur leurs âmes.

L’année 2016, c’est Juliette et Élisabeth qui ont pris la relève. Une année difficile pour ma pauvre maman qui a perdu du poids et dépéri. Elle ne mangeait pas a sa faim ni ne s’alimentait correctement. Elle devait compter sur les décisions des personnes qui assuraient la surveillance chez-elle pour s’alimenter. Mais ce temps est fini. Ma mère a survécu. Différents services d’aide au logis et des services du centre local de santé communautaire (CLSC) ont également été mis en place durant toutes ces années. Une autre de mes soeurs, l’ainée, a assuré la gestion de ce manège qui tournait presque rondement pendant quelques années. Elle aussi proche-aidante naturelle.

C’est maintenant mon frère ainé qui s’occupe d’elle. Il a tout laissé de la ville de Longueuil, amis, travail, amours, passe-temps, appartement, pour aller  s’installer au village natal avec elle. Il est un proche aidant. Lui aussi a reçu ce don d’aidant naturel. Il préfère dévouer sa vie à aider notre mère plutôt que de la reconduire dans un centre pour personne en perte d’autonomie et souffrant d’Alzheimer. « Tant qu’elle pourra vivre chez-elle, c’est mieux pour elle, c’est ce qu’elle veut. » Depuis juillet 2016, maman a gagné 14 kilos, elle va mieux et sort en voiture tous les jours. Elle est plus heureuse, c’est certain. Lui aussi aura besoin de vacances et de temps de répits. Je passerai quelques semaines encore cet été avec maman pour donner congé à mon frère. L’été dernier, quand je suis descendue durant trois semaines pour préparer le jardin avec elle et lui changer les idées en sortant en voiture, j’ai découvert qu’elle adorait manger des gâteaux que nous préparions. J’ai également découvert que chaque fois que je laissais ma voiture stationnée devant la porte, elle me disait  :

  • Est-ce-que c’est à toi la voiture dorée devant la maison?
  • Oui maman, c’est la mienne!
  • Est-ce qu’on va prendre une ride?

C’est devenue sa ritournelle préférée.

Deux semaines passées, je lui parlais au téléphone et lui demandais si elle se souvenait du nom de ses enfants. Je voulais lui faire pratiquer sa mémoire, celle qui restait.
– Bien sûr, qu’elle m’a dit en commençant à nommer les trois premiers correctement dans l’ordre de leur naissance. Puis elle s’est arrêtée.
– Et les autres? lui ai-je demandé.
– Trois, j’en ai juste trois, c’est assez, a t-elle ajouté sans plus.
– Et les trois derniers? On ne compte pas? lui avais-je alors demandé, étonnée.
C’est alors qu’elle s’est fâchée et a commencé a parlé sur un ton dur et à insister que trois c’était suffisant.
Je n’ai pas osé la contredire ni même continuer la conversation. Je sentais qu’elle usait ce ton dure signifiant son mécontent que je connais quand même bien, alors je lui ai demandé de remettre le récepteur du téléphone à mon frère ainé à qui j’ai raconté ce qui s’était passé. Probablement qu’elle aurait une boutade pour encore quelques minutes et je voulais qu’il comprenne la situation en la lui expliquant.

La communication entre membres de la famille est également un maillon important pour les suivis et les décisions. Cependant, si nous avons reçu le don d’aidant naturel, il n’en a pas été de même avec celui de la communication. Nous avons beaucoup de travail a faire sur cette compétence. Je me demande si c’est la même chose dans les familles en général.

Si jamais, cher lecteur, vous désirez témoigner sur ce sujet (la communication) ou sur celui d’aidant naturel, veuillez m’envoyer vos commentaires sur cette page, il me fera plaisir de vous lire et d’échanger avec vous.

Je remercie ceux et celles qui s’abonnent à mon blogue!

 

SLAM – Courant de vie

 

         Une des activités que je fais avec mes étudiants ces temps-ci afin de les amener à jouer avec la langue, avec les mots et à exprimer à l’oral leur personnalité de manière originale et créative, se nomme le slam. Bien connue par les David Goudreault, Mehdi Hamdad et Grand corps malade de ce monde qui l’ont popularisé, il a aussi été soutenu par Slam Outaouais qui en est un des principaux moteurs dans la région d’Ottawa-Gatineau. J’ai donc donné pour consignes à mes jeunes adultes d’écrire un texte sur eux sous forme de slam qui va les présenter et faire connaitre certains traits personnels. J’ai aussi décidé de slamer ma vie et d’en écrire un pour eux que je partage avec vous, amie.s, lecteurs et lectrices de blogues.

Courant de vie (de L. Proulx)

 Tic tac tic tac, mon temps avance
à contre-courant
Tic tac tic tac, je me cache moi
derrière ma vague immense
Tic tac tic tac, OMMMMM

Mon heure vacille, une question de temps
Je risque mon sang à regarder ce qui me reste?
Suinter goutte à goutte ma chienne de vie?
Souiller mon corps en vie de ville?

Tic tac tic tac OMMMMMM

J’ouvre mes yeux, va t’en
Tête en l’air Tic tac tic tac
Je pense aux règles, ma mère, dimanche
Farme ta yueule! SHUT UP!

Tac-tic- tac-tic-tac OMMMMMM

L’heure s’écroule, je ferme ma bouche
J’éteins ma vision, mon vacarme tac-tic
Je me mets, moi, sous la manche
Étroite du mur étanche

Tac tic tac tic tac – cul de sac
Casse la muraille du murmure
Tombe le torrent de la tempête
Mord la poussière du vide

Tac-tic- tac-tic-tac OMMMMMM

Je cours vers ma vie, je me contracte
Ma ville sème sous silence
Des flocons d’ignorance crasse
De sa bouche le néant de ma langue
perle et déferle ses mots oubliés

Tic-tic- tac-tic-tac

***

          Pour ceux et celles qui l’ignorent, dans mon quotidien professionnel, je suis enseignante de français dans un établissement post-secondaire technique et à l’occasion, j’enseigne le slam. Mes étudiants ont au moins 17 ans, mais peuvent tout aussi bien en avoir 50. Cet établissement se situe dans un contexte particulier, celui d’être un collège de langue française dans une capitale canadienne où la majorité des résidents sont anglophones. Certains sont sûrement bilingues (44,8 %), d’autres francophiles, mais une majorité s’illustre par son unilinguisme endurci : 45, 5 % de la population de la région d’Ottawa – Gatineau parle seulement l’anglais et 8,6 %  parle seulement le français (Statistique Canada, 2012).

Ottawa, ma ville d’adoption depuis une bonne douzaine d’années  demeure toujours une ville officiellement unilingue de langue anglaise et ce sous la gouverne municipale du maire M. Jim Watson dont c’est le 2e mandat. Pourtant, elle est la capitale nationale d’un pays bilingue, le Canada. J’ignore encore ce que cette ville veut véhiculer comme image de marque au plan linguistique – j’ignore si un jour elle réajustera sa balance pour traiter la langue française d’égale à égale avec la langue anglaise.

En attendant, je prêche dans un désert la valeur d’un français bien écrit et l’amour de sa langue maternelle et je m’inquiète. C’est vrai, je me fais du soucis pour cette langue mal aimée. Je dis désert, car mes classes se vident au profit de cours en ligne (Internet) et d’examens de reconnaissance des acquis trop faciles à réussir. Je fais de mon mieux pour motiver mes troupes, celles qui demeurent fidèles et osent encore être ponctuelles et assidues. Ces jeunes vaillants qui osent encore parler le français avec la volonté de le perfectionner.

À ceux-là, je lève mon chapeau et je dis MERCI.

slam ma vie

slam ma vie

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